Qualité de l’eau

Webinaire CoExpert : Tout savoir sur l’eau

composition de l'eau

L’eau est composée d’une multitude d’éléments qui ont un impact direct sur sa qualité et son utilisation. Dans les réseaux de chauffage ou sanitaires, une mauvaise composition de l’eau peut provoquer des phénomènes d’entartrage, de corrosion ou encore le développement de bactéries. Revenons dans ce webinaire signé CoExpert sur les fondamentaux de la composition de l’eau potable et son impact sur le fonctionnement des installations.

🗂 [Dossier] Tout savoir sur le traitement de l’eau 🗂

La composition de l’eau potable

La qualité de l’eau du robinet est dépendante du cycle de l’eau. Au niveau des eaux de surface (rivière, lac, océan), l’eau s’évapore sous l’effet du soleil et se retrouve dans l’atmosphère. Ici, elle se condense et retombe sous forme de pluies. À ce moment, elle se charge en CO2 et en gaz polluant, et devient donc acide.

Une fois le sol atteint, l’eau ruisselle ou s’infiltre à travers les différentes couches de terre. Selon la qualité des sédiments présents, elle se charge en différents sels minéraux, matières organiques et en suspension. Suivant la position géographique, la composition de l’eau peut ainsi varier.

L’eau est essentiellement composée de :

  • matières en suspension (sable, argile, etc..) ;
  • sels minéraux et oligoéléments (sodium, calcium, magnésium, zinc, fer, etc.)
  • métaux lourds (plomb, cadmium, mercure, etc.) ;
  • matières organiques (pesticides, fongicides, hydrocarbures, médicaments, etc.) ;
  • gaz dissous (oxygène, gaz carbonique, etc.) ;
  • bactéries (legionelles).

Si la composition de l’eau n’est pas optimale, les sels minéraux et gaz dissous peuvent être responsables de l’entartrage et la corrosion des réseaux.

Bien comprendre le pH et le TH

Deux analyses de l’eau sont très importantes pour les professionnels de la plomberie et du chauffage : le pH et le TH (titre hydrotimétrique). La valeur du TH associée à celle du pH va vous permettre de savoir si l’eau est plutôt entartrante ou corrosive.

Le pH

C’est un paramètre physico-chimique qu’on utilise pour déterminer si un milieu aqueux est plutôt acide ou basique. Le pH s’exprime selon une échelle de valeur comprise entre 0 et 14 avec un point de neutralité défini à 7. En dessous de cette valeur, le milieu est acide. Au-dessus, il est basique.

Le pH de l’eau de consommation d’un réseau doit être compris entre 5,5 et 8,5. L’eau minérale est quant à elle légèrement plus basique, sa valeur étant comprise entre 7,5 et 8,5.

Le pH est un paramètre important : il permet de savoir si les différents types de métaux employés sur le réseau vont se corroder. En effet, la corrosion du fer, de l’acier, du cuivre, du bronze ou de l’aluminium est dépendante du pH de l’eau qui transite à travers ces types de tubes. Globalement, un pH basique (supérieur à 7) permet de protéger ces matériaux de la corrosion.

Le TH

Le titre hydrotimétrique (TH), appelé plus communément « dureté de l’eau », représente la concentration en calcium et en magnésium de l’eau. Il définit la capacité d’une eau à être entartrante ou corrosive, et dépend de votre zone géographique – notamment de la qualité des roches que votre eau a rencontrées lorsqu’elle a ruisselé.

Dans l’eau, un équilibre entre le CO2 dissous et la dureté de l’eau doit idéalement être atteint. Si l’eau contient trop de CO2, elle est dite est corrosive. A contrario, si le CO2 est moins important que la quantité de calcium et de magnésium, l’eau est entartrante.

L’eau d’un réseau est toujours à l’équilibre ou légèrement entartrante, mais ne doit pas être corrosive. La dureté d’une eau équilibrée est comprise entre 10 et 15 degrés français (°F). Au-delà de 20 °F, les soucis de tartre peuvent être importants.

Quelles conséquences pour les réseaux ?

Dans les réseaux de chauffage

Ici, le circuit est bouclé : l’eau se met en équilibre avec son environnement. En théorie, ce réseau devrait être protégé du tartre et de la corrosion. Cependant, en ajoutant fréquemment des eaux d’appoint avec une certaine dureté, l’équilibre est bouleversé.

Cela va générer de l’entartrage, de l’embouage et de la corrosion :

  • Entartrage. Faible intensité, mais peut créer une diminution du transfert thermique et donc des pertes énergétiques, un bouchage et de la corrosion sous dépôt.
  • Corrosion. Faible intensité, mais peut entraîner des ruptures de tubes.
  • Embouage. Intensité variable pouvant engendrer une surchauffe locale, une vaporisation de l’eau, des radiateurs froids en partie basse et un éclatement du métal.

Dans les réseaux d’eau sanitaire

Les réseaux d’eau sanitaire sont ouverts, et donc plus sujets aux déséquilibres. En effet, ils sont alimentés en permanence avec une nouvelle eau.

La dureté de l’eau d’un réseau sanitaire peut provoquer de l’entartrage, notamment dans la tuyauterie d’eau chaude. Pour cause, le tartre se dissout moins facilement dans l’eau chaude que l’eau froide. Mais ce n’est pas tout : la corrosion est également plus importante dans les réseaux sanitaires, car l’oxygène contenu dans l’eau y transite en permanence. Ce phénomène, couplé à la température élevée de l’eau, a pour effet d’augmenter le risque bactérien.

Ces facteurs ont de multiples conséquences :

  • Financières. Le vieillissement prématuré du ballon d’eau chaude et des équipements électroménagers est accéléré.
  • Sur le confort. L’entretien des réseaux est plus fastidieux, il faut plus de nettoyage pour enlever le tartre, le linge est plus rêche et le risque d’allergies au tartre augmenté.
  • Sur la résistance des équipements. Des ruptures de canalisations par corrosion peuvent survenir.
  • Sanitaires. Le développement bactérien – plus particulièrement la légionelle – est facilité.

Comprendre la composition de l’eau, c’est mieux appréhender la lutte contre les risques pour les réseaux de chauffages et sanitaire. Un véritable enjeu pour vous, installateurs, que vous pouvez relever en visionnant notre dernier webinaire.