Guide pratique Raccordement et distribution

Quels sont les différents types de PER ?

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Le PER, c’est un marché d’environ 80 millions de mètres en France. Il est le matériau phare dans le collectif, a minima pour ce qui concerne les distributions secondaires. À l’inverse, on ne l’utilise pas ou peu dans la rénovation du fait de ses caractéristiques physiques et mécaniques. Voici tout ce qu’il faut savoir sur le PER et ses différentes déclinaisons.

Réglementation et bonnes pratiques

Si les normes européennes sont un peu moins précises, la réglementation française est très claire. Par exemple, pour du tube prégainé, la qualité de la gaine est fixée dans le CPT 2808 V2 : on impose une résistance à l’écrasement de 450 newton (env 45 kg/1 m).

Lorsque l’on encastre du PER dans une dalle, il est primordial de respecter les zones de garde. Le tube (ou sa gaine) devra avoir une distance minimale soit avec la face supérieure de la dalle, soit avec la face inférieure, d’au moins 20 mm. Il faut également tenir compte du rayon de courbure.

Le diamètre minimum de la gaine est fixé dans le CPT : il est calculé en fonction du coefficient de remplissage pour prendre en compte la dilatation entre deux points fixes. Le diamètre extérieur est important à connaître puisqu’il est à la base du calcul de la distance d’encastrement avec la dalle (20 mm min).

Diamètre nominal : de quoi parle-t-on ? ◇

Les différents types de PER

Le polyéthylène (PE) est un matériau qui ne résiste pas à la température. Afin de le rendre plus résistant, le PE doit être réticulé, c’est-à-dire effectuer une opération visant à relier les chaînes moléculaires entre elles ce qui augmente ses propriétés mécaniques.

Il existe 3 types de réticulation :

  1. Le PER A : la réticulation est effectuée à l’aide de peroxyde, puis elle progresse au fil du temps pour donner au matériau ses caractéristiques finales.
  2. Le PER B, aussi appelée réticulation silanique : le silane déclenche ici aussi le processus de réticulation qui s’active lorsque le matériau est immergé dans l’eau chaude.
  3. Le PER C : sans adjonction d’activateur chimique, la réticulation est obtenue par bombardement électronique.

La réglementation ne distingue pas ces matériaux quant à leurs performances et usages, au regard des applications considérées. Seules quelques différences portent sur certaines caractéristiques notamment le taux de réticulation qui est différent suivant les procédés utilisés. Ces différents procédés produisent tous les trois du PER de qualité et conformes aux exigences réglementaires (température maximale, durée de vie…).

Plus que le type de réticulation, le type de résine et les mélanges utilisés par les industriels sont importants car ils qualifient le degré de souplesse et de facilité de pose des tubes. Ces mélanges sont propres à chaque industriel.

PER : quels bénéfices ?

Tube gainé, tube gainé isolé, tube nu

Tout tube véhiculant un fluide dont la température est susceptible d’être supérieure à 60 °C doit au minimum être gainé. C’est par exemple le cas des tubes constituant les réseaux de chauffage dans lesquels l’eau circulerait à 70 °C.

On pourrait donc considérer qu’un réseau d’eau froide sanitaire peut être posé nu dans la dalle. Une méthode autorisée d’un point de vue réglementaire, mais pas recommandée. En effet, un tube PER est mécaniquement fragile et sensible aux agressions extérieures.

Dans la mesure du possible, il est ainsi recommandé de poser des tubes gainés – la gaine faisant office de protection mécanique. De plus, la bonne pose d’un tube prégainé facilite son changement en cas de besoin. Dans ce cas, l’ancien tube sert d’aiguille pour entraîner le nouveau tube dans la gaine.

Le tube PER gainé isolé : avantages et contraintes

Pour les réseaux encastrés, il peut être intéressant d’utiliser du PER prégainé isolé. Il peut être utilisé pour les grandes longueurs, surtout pour des réseaux de chauffage ou de climatisation. En général, ces tubes ne concernent pas le sanitaire : on n’alimente généralement pas une canalisation sanitaire (hors bouclage) pour ne pas favoriser le développement de la légionnelle dans le réseau.

De quoi est constituée l’eau de chauffage ?

On l’utilise avant tout sur les réseaux bouclés de chauffage, où les longueurs sont importantes, afin de limiter les déperditions. En effet, avec un simple tube gainé, la puissance dans le tube diminue et des zones peuvent être chauffées sans que cela soit souhaité (les circulations ou certaines pièces par exemple).

Cependant, la pose de tubes gainés isolés implique un diamètre final plus important qu’un tube nu. On peut vite atteindre des diamètres conséquents : attention, donc, à la réservation associée. Dans ce cas, il est important de se demander en premier lieu si cette option est pertinente, puis de gérer la spécificité. Il pourra alors s’agir de faire passer les tubes ailleurs (dans un faux plafond ou une corniche), de diminuer la hauteur du plafond par endroit (disposition idéale en circulation)…

Le PER gainé isolé est une solution tout-en-un qui permet un véritable gain de temps au niveau de la pose. D’autres solutions, parmi lesquelles les tubes PER prégainés et des tubes PER gainés double, permettent également de gagner en temps de pose. Ces derniers sont constitués de deux gaines liées (une bleue, une rouge). En une seule opération de déroulage, il est possible de poser l’aller et le retour du réseau. Pour plus de praticité, les doubles gaines sont sécables.

Les tubes en matière plastique sont les seuls produits pour lesquels on exige une durée de vie de plus de 50 ans de façon réglementaire. Un réseau monté en PER – nu, gainé, ou gainé isolé – dans le respect des préconisations et de la réglementation, est une solution économique et ultra performante, adaptée aussi bien à des réseaux d’eau chaude, d’eau froide sanitaire, haute température (radiateurs), basse température (PCBT ou radiateurs), que de climatisation.

Source de l’image à la Une : Fotolia (Olivier Le Moal)