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Mousse polyuréthane projetée pour plancher chauffant / rafraîchissant : un procédé controversé

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Deux procédés cohabitent pour l’installation de plancher chauffant basse température : les panneaux manufacturés (isolants plats ou à plots) et la mousse polyuréthane projetée. Si cette dernière représente près de 20 % du marché, et bien que de nombreux acteurs proposent le procédé, elle n’en est pas moins controversée. Pourquoi ? Est-ce justifié ? CoExpert fait le point.

Mousse polyuréthane projetée : comment ça marche ?

Initialement, le procédé de projection de mousse polyuréthane est né de l’isolation des murs et toitures, puis s’est étendu aux planchers (chauffants ou non). Le principe ? Un camion équipé d’une citerne de PU liquide projette le produit au sol en y injectant, entre autres, des isocyanates pour en faire une mousse. On attend alors la polymérisation totale du produit (gonflement de la mousse) puis, une fois l’expansion stabilisée, le produit est poncé pour obtenir la cote finale. Le reste de la pose du plancher chauffant se déroule ensuite comme sur les isolants plans manufacturés.

À noter : les gaz utilisés lors du procédé se dégagent dans l’air, sur et autour du chantier. Si les professionnels qui sont en charge de la pose sont protégés par des combinaisons et des dispositifs respiratoires, on ne connaît pour le moment pas les risques pour les autres personnes présentes sur le chantier et pour le voisinage, ainsi que l’environnement.

Il en est de même pour les poussières issues du ponçage qui, suivant le soin de l’entreprise, sont plus ou moins collectées ou dispersées. Qui plus est, le respect des critères dimensionnels et thermiques représente une réelle difficulté : la cote finale, qui donne la performance thermique, est difficile à maîtriser avec ce procédé.

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Des certifications inégales

Les isolants plats ou à plots manufacturés sont couverts par une certification qui implique un process et des audits de contrôle stricts sur les sites de production (matière première, procédé, dimension, résistance thermique, prélèvements de produits finis pour contrôle des performances…). À l’inverse, pour les isolants projetés, les audits en usine ne sont pas possibles puisque la mousse est projetée sur site.

L’applicateur réalise donc lui-même ses prélèvements et les envoie à l’organisme de certification. Ainsi, au regard de cette certification, il existe une distorsion de concurrence. Il y a, d’une part, un produit contrôlé et dont les performances sont certifiées en externe, et d’autre part un contrôle sur site pour lequel l’applicateur est à la fois juge et partie.

Qui plus est, la mousse PU est un matériau extrêmement performant pour le couple résistance thermique / résistance mécanique dans le cadre d’un processus industriel précis, dont la température et l’hygrométrie sont contrôlées précisément. C’est notamment le cas des panneaux manufacturés. Mais dans le cas de l’application par projection sur chantier, les paramètres garantissant la performance du matériau ne sont pas maîtrisés à la hauteur de ce que fournit un processus industriel.

Projection vs. manufacturé : le test d’installation et durabilité

Un panneau manufacturé polyuréthane ou polystyrène est utilisable tel quel. Il ne dégage pas de substance néfaste ni pour l’environnement, ni pour l’utilisateur. Dans le cas de la mousse polyuréthane projetée au sol, il faut donner à la matière une certaine dimension et une planéité pour couler la dalle de béton dessus, puis la poncer. Cette dernière opération dégage beaucoup de poussière de polyuréthane, néfaste pour la santé et l’environnement.

De plus, le ponçage de la dalle vient retirer la peau qui se forme sur la partie supérieure de la mousse. Celle-ci a un rôle important : elle garde le gaz emprisonné à l’intérieur du système. Ainsi, en la ponçant, on vient dégrader ses facultés isolantes et accélérer la perte en gaz du dispositif, et donc remettre en cause la pérennité de ses performances thermiques.

Pour le polystyrène, les produits finis suivent le même degré d’excellence, tant sur les plans thermiques que mécaniques et acoustiques. La certification de ces produits permet en effet de délivrer une performance sans égal. En revanche, pour le polyuréthane, en utilisant le même matériau de base, c’est le processus d’élaboration qui fait toute la différence. Pour la dalle fabriquée en usine, la stabilité dimensionnelle et thermique et la certification par prélèvement sur site de fabrication sont les gages d’une qualité irréprochable. Côté mousse polyuréthane projetée, l’intérêt est avant tout financier. Pour autant, la garantie de qualité n’est pas toujours au rendez-vous. Pensez-y !

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