Gestion d'entreprise

[Interview] Mourad Ezziani : ma reconversion en installateur

formation d'installateur reconversion professionnelle

Au lycée professionnel des métiers du bâtiment et des travaux publics Tony Garnier, à Lyon, le GRETA propose une formation d’installateur sanitaire (CAP) sur une année. Pour en savoir plus sur cette formation, nous avons interviewé Mourad Ezziani, qui a intégré le cursus en septembre dans le cadre d’une reconversion professionnelle.

Pouvez-vous nous rappeler le contexte de votre reconversion professionnelle ?

À l’origine, j’ai suivi un cursus bac professionnel en mécanique générale tourneur/fraiseur. À l’issue de ma formation, comme je ne voulais pas exercer ce métier, j’ai suivi une formation en maçonnerie. Une fois mon diplôme obtenu, j’ai travaillé pendant 5 ans en tant que maçon VRD (voirie, réseaux et divers). Aujourd’hui, mon projet professionnel est de devenir indépendant, mais ceci reste très compliqué dans les travaux publics.

Naturellement, je me suis orienté vers un travail manuel qui me permettra de me mettre à mon compte. J’apprécie le métier d’installateur sanitaire car je suis très bricoleur, j’aime bouger et j’apprécie les relations avec la clientèle. C’est un métier qui nécessite des compétences manuelles mais aussi de la réflexion pour trouver des solutions techniques devant un problème que nous n’avons jamais rencontré.

Quelles démarches avez-vous dû réaliser pour accéder à cette formation ?

Je me suis renseigné sur Internet pour voir les modalités de la formation d’installateur : quel niveau est requis, où se déroulent les formations, combien de temps elles durent, quel budget faut-il prévoir… Après avoir obtenu toutes ces informations, j’ai démarché tous les centres de formation dans lesquels j’ai réalisé des entretiens de motivation. J’ai aussi obtenu des devis sur le coût de la formation.

Ensuite, et pendant deux mois, j’ai cherché des employeurs qui voulaient bien m’embaucher à la fin de ma formation d’installateur. Même si deux mois, c’est long, il ne faut pas hésiter et foncer. Une fois que tout cela était validé, j’ai réalisé des entretiens avec Pôle Emploi pour les convaincre de valider mon financement de formation en plomberie.

🔎 Apprentissage, professionnalisation : quelles différences ? 🔍

Comment se déroule votre formation d’installateur ?

Sur deux jours d’atelier par semaine, nous suivons 16 heures de cours. En général, nous avons un cours de technologie (écrous, soudure, chalumeau, techniques du cuivre) puis nous passons à la pratique en atelier. Nous avons des plans avec des pièces et il faut les fabriquer tout en étant encadré par le formateur. Nous réaliserons plus tard des installations sanitaires complètes avec du cuivre, des matières plastiques et composites.

Comme j’ai déjà validé un diplôme d’État, notamment le bac professionnel, je suis dispensé d’aller aux cours de matières générales, qui ont lieu les trois autres jours de la semaine. Sur ce temps restant, je travaille en tant qu’intérimaire et je mène des missions dans le domaine de la plomberie.

Pour l’obtention du diplôme, nous avons des CCF, c’est-à-dire des contrôles en cours de formation et des notes de stage. J’apprécie tout particulièrement l’encadrement des personnes du GRETA et le matériel mis à notre disposition. Aussi, la formation propose, pour 3 élèves sur 12, des cours supplémentaires sur l’installation thermique.

Avez-vous déjà fait des stages ?

Nous avons 4 périodes en entreprise couvrant 14 semaines. Les stages sont répartis en deux périodes de 3 semaines et deux périodes de 4 semaines. J’ai choisi de faire mon stage chez le même employeur qui m’a fait la promesse d’embauche. C’est MD Plomberie, basée à Feyzin.

J’ai déjà réalisé une période de stage durant laquelle j’ai fait beaucoup de dépannage chez les particuliers, comme un remplacement d’une colonne d’eau, des recherches de fuite et des devis. Nous réalisons des interventions pour l’entretien, le diagnostic et la réparation des équipements sanitaires. Nous avons aussi installé une salle de bain au complet.

Ce qui me plaît, c’est le contact avec le client et les explications que l’on peut donner. Aussi, j’apprécie le fait de faire marcher ma réflexion ! J’aime aussi la découverte, la diversité des interventions et le fait d’avoir fini le travail en une journée ou en une semaine. Dans les TP, les travaux sont très longs avant de voir le travail fini !

Par contre, j’aime moins faire beaucoup de route pour dix minutes de travail et les problèmes de logistique qui nous obligent à aller chercher des pièces chez le fournisseur pendant l’intervention.

Quel est votre projet à l’issue de votre formation ?

Mon projet est de devenir artisan à mon compte. Cependant, avant de me lancer dans cette aventure, je me laisse deux à trois ans pour apprendre le métier en entreprise et sur le chantier. Il y a une différence entre la formation d’installateur et la réalité et il faut multiplier les expériences sur le terrain. J’espère pouvoir rester chez MD Plomberie qui intègre 7 salariés et 2 associés.

Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui veulent intégrer une formation dans l’installation sanitaire ?

Déjà, il faut s’assurer que l’on aime les travaux manuels et être sûr de sa motivation et sa détermination pour devenir installateur sanitaire. Ensuite, ne pas hésiter à commencer les démarches deux à trois mois à l’avance pour trouver l’école, la formation et le financement si nécessaire.

Même si aujourd’hui je dois faire des concessions pour mener à bien ce projet, je sais que je fais quelque chose qui me plaît et qui m’amènera à travailler en petite équipe ou de manière indépendante.

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