Régulation

Plancher chauffant : le point sur les dalles et les chapes compatibles

dalles pour plancher chauffant

Les dalles pour plancher chauffant basse température s’inscrivent dans un système de chauffage strictement réglementé. Pour garantir la performance des installations et la compatibilité des éléments du système, il existe différents types de dalles qui peuvent être combinées avec différents systèmes de chape. Quels sont les avantages et inconvénients des multiples dalles trouvables sur le marché ? Quels types de chapes sont compatibles ? Décryptage.

Les différents types de dalles pour plancher chauffant

Dalles planes polyuréthane

Pour poser et fixer les tubes, on utilise majoritairement le système d’agrafeuse. La partie supérieure des dalles pour plancher chauffant est quadrillée pour avoir un repère. On déroule et on agrafe les tubes, en réalisant les circuits calculés précédemment.

Avantages :

  • Un rapport qualité / prix avantageux surtout sur les fortes épaisseurs.
  • Une flexibilité dans la pose elle-même. Il n’est pas imposé de passer à certains endroits, ni de suivre le quadrillage des dalles.
  • Une découpe facile.

Inconvénients :

  • Avec une chape liquide et une dalle polystyrène, si l’on découpe l’isolant, les billes remontent à la surface. Il est alors plus facile d’utiliser un isolant en polyuréthane.
  • Certaines dalles pour plancher chauffant ont les bords droits, peu adaptés au PCBT. Il convient d’utiliser celles ayant des bords rainurés/bouvetés. Après avoir posé la dalle, il faut recouvrir les jointures à l’aide de ruban adhésif pour garantir une étanchéité à l’ensemble.

À savoir

Plus l’épaisseur augmente, plus le choix du bon type de dalle est crucial.

Dalles à plots

Les plots ont une double fonction : d’une part, ils assurent le maintien du tube et, d’autre part, le pas de pose. Une technologie qui protège légèrement le tube sur le chantier. En effet, comme le plot est un peu plus haut que le tube, il peut aisément résister à l’écrasement dû au piétinement.

La périphérie de la dalle est en général en tenon-mortaise, c’est-à-dire auto-étanche. Les dalles en polystyrène n’ont ainsi pas besoin d’être scotchées lorsqu’elles sont associées à une chape liquide, par exemple. Un gain de temps qui nécessite quand même une certaine vigilance, notamment dans les zones de découpe où l’étanchéité est à réaliser.

Les dalles à plots sont très compétitives en faible épaisseur. Cependant, cette performance est de moins en moins forte à mesure que l’épaisseur croît.

Enfin, comparativement au polyuréthane, le polystyrène peut être un bon isolant acoustique (il existe des versions « A », garantissant un affaiblissement acoustique de -18 dB minimum).

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L’épaisseur : une valeur cruciale

La norme EN 1264 garantit que l’émission de chaleur se fasse dans les calculs théoriques (90 % vers le haut). Pour demeurer dans ce cadre légal, l’ajout d’un isolant est essentiel et doit se faire selon la fonction du bâti. Pour un local chauffé, la résistance thermique de la dalle doit ainsi être de 0,75. Cette résistance intègre la valeur d’isolation, calculée habituellement à part.

Néanmoins, pour les dalles pour plancher chauffant de forte épaisseur, les règles sont un peu différentes. Une partie de la capacité d’isolation est incluse dans le calcul du bâti. L’autre, dans la valeur d’isolation de la dalle. Cet environnement certificateur très précis est nécessaire, car toute défaillance se traduit directement par un sinistre.

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Les différents types de chape

Une fois les tubes posés sur le support isolant suivant le calepinage déterminé lors de l’étude, il convient de réaliser le dispositif de diffusion de la chaleur qui sera recouvert lui-même par le revêtement de sol.

Il existe 2 grandes familles pour les chapes de plancher chauffant :

  • Système humide : désignation générale pour les chapes dont la mise en oeuvre requiert un liant hydraulique. Cette famille se subdivise elle-même en deux autres parties :
    • Les chapes béton : Doivent recouvrir le tube d’au moins 3 cm. Le béton, constitué d’un mélange de ciment, sable et granulat peut être soit élaboré sur place ou directement produit en centrale.
    • Les chapes fluides : D’environ 2,5cm au-dessus du tube. Le matériau est à base de gypse (anhydrite) et est mis en oeuvre par des applicateurs spécialisés à l’aide de pompes.
  • Système sec : l’isolant est préformé et rainuré, recouvert d’un diffuseur de chaleur dit « chape sèche » sous forme de plaques préfabriquées et posées en une ou deux couches suivant le revêtement de sol qui sera appliqué. Dans ce cas, il n’y a pas de chappe.

Chaque système a besoin d’un dispositif recevant les tubes et les systèmes de fixation. Celui-ci a plusieurs fonctions :

  • assurer une isolation thermique vers le bas pour concentrer l’émission vers le haut ;
  • reprendre les contraintes de compression en charge sur la chape finie ;
  • éventuellement assurer une isolation acoustique ;
  • permettre la pose des tubes à un pas donné (distance entre les tubes) suivant l’étude thermique ;
  • maintenir les tubes en place avant la pose des autres éléments (chape ou plaque).

Focus sur le système humide

Les chapes en béton traditionnel représentent une grande part du marché, mais les chapes fluides sont en croissance malgré leur prix plus élevé et la nécessité de faire appel à des sociétés agréées.

Le béton en béton traditionnel réglementairement dosé à 350 kg/m²

Avantages :

  • meilleur rapport qualité / prix ;
  • matériau traditionnel et maîtrisé ;
  • peut permettre la pose à l’avancement des revêtements de sol minéraux.

Inconvénients :

  • grande quantité de béton avec une chape de 3 cm d’épaisseur au-dessus du plot ou du tube, qui influence l’inertie et le temps de réponse ;
  • doit être additivée d’un adjuvant plastifiant pour favoriser la qualité de l’enrobage du tube ;
  • 21 jours de séchage.

Pour les épaisseurs plus élevées, entre 8 et 10 cm de béton, l’inertie est assez importante avec un temps de réponse long. On se tournera alors plutôt vers des chapes dans d’autres matériaux.

Les chapes fluides

Avantages :

  • elle est très liquide, donc autonivelante ;
  • elle peut être directement utilisable après ponçage ;
  • moins épaisse, elle présente moins d’inertie avec un meilleur temps de réponse (certification QB).

Inconvénients :

  • la majorité des chapes anhydrites ne sont pas compatibles avec le rafraîchissement car le gypse est très hydrophobe ;
  • il faut compter un temps de séchage d’une semaine par centimètre.

D’autres chapes, à base ciment, présentent des caractéristiques différentes. En termes d’épaisseur, les valeurs demeurent faibles, mais moins que sur une chape anhydrite. En contrepartie, la conductivité est améliorée, la chape peut être certifiée CERTITHERM et est compatible avec le rafraîchissement.

Pour tous les systèmes humides, si les réservations imposent des épaisseurs plus élevées, (au-delà des 5 cm de béton au-dessus du tube), l’inertie serait trop importante avec un temps de réponse trop long. Le mieux est dans ce cas de compenser cette surépaisseur par un surplus d’isolant en sous face.

Focus sur le système sec

Ce système a été créé pour des problématiques de faibles épaisseurs car il n’est pas toujours possible d’avoir 10 à 15 cm de réservation, surtout en rénovation. Malgré cela, le système sec représente moins de 5 % de parts de marché.

On installe des dalles pour plancher chauffant rainurées, souvent en polystyrène, pour leur facilité de moulage et leur légèreté. On utilise ensuite des diffuseurs en métal préformé (en forme d’oméga pour épouser la périphérie du tube) pour bloquer le tube et diffuser la chaleur dans la chape.

Une chape sèche peut se présenter sous la forme de plaques de gypse ou de mélange destiné à être posé au sol suivant une disposition en simple ou double couche. Un revêtement est ensuite posé directement dessus.

Avantages :

  • une épaisseur très faible, de 4 à 5 cm ;
  • un matériau très léger car on ne mobilise pas d’importantes quantités de béton ;
  • une méthode ultra rapide, qui ne nécessite pas de séchage ;
  • un temps de réaction très court du fait des faibles épaisseurs.

Inconvénients :

  • un système assez complexe au niveau de la juxtaposition des matériaux ;
  • des coûts assez élevés.

Les différents types de dalles pour plancher chauffant et de chapes permettent de répondre à toutes les problématiques de pose de vos clients. En ayant conscience des avantages et inconvénients de chaque système, vous avez désormais toutes les clés pour proposer les solutions adaptées à toutes les situations. Quelles technologies ont la cote en ce moment ? La réponse dans notre article « Marché de la régulation : quelles tendances en 2019 ? » !

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