Gestion d'entreprise

Quelles différences entre contrat de professionnalisation et contrat d’apprentissage ?

contrat d'apprentissage

En tant qu’installateur, l’embauche de collaborateurs compétents est primordial pour le développement de votre activité. Plutôt que de vous lancer dans un recrutement traditionnel, avez-vous pensé à intégrer un alternant ? Entre contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, les modalités d’embauche peuvent vous paraître floues. Pourtant, c’est une collaboration intéressante pour l’employeur comme pour l’apprenti. Pour vous aider dans vos démarches, CoExpert fait le point.

Transmettre votre savoir-faire en chauffage et plomberie

En contrat pro ou contrat d’apprentissage, l’alternant que vous choisirez sera novice dans le métier d’installateur. Votre mission sera alors de le former aux techniques que vous avez développées en interne, à vos façons de travailler et à vos habitudes professionnelles. Une tâche qui demande rigueur et implication, mais qui portera très vite ses fruits.

En faisant travailler l’alternant à vos côtés, vous le rendrez opérationnel pour travailler sur vos chantiers, selon vos méthodes. À mesure qu’il intégrera votre savoir-faire, il gagnera en rapidité et en efficacité. Objectif : faire de lui un installateur autonome, qui transmettra à son tour les valeurs et compétences de votre entreprise.

Choisir entre contrat d’apprentissage et contrat de professionnalisation

L’alternance est accessible aux jeunes de 16 à 25 ans, de tous niveaux d’études (CAP, BEP mais aussi BTS, master…). Mieux encore, elle concerne toutes les entreprises, peu importe leur secteur d’activité. Reste à choisir la formule la plus adaptée à vos besoins, à court comme à long terme.

Première possibilité, l’apprentissage. Pendant 1 à 3 ans, l’apprenti alterne entre école – jusqu’à 50 % du temps – et formation en entreprise. La répartition souvent retenue est d’une semaine de cours puis une semaine auprès de son tuteur désigné dans la société. Une fois son diplôme en poche, l’alternant peut poursuivre ses études et viser un autre degré de qualification.

Autre option : le contrat de professionnalisation, établi sur une période de 6 mois à 2 ans. Dans ce contexte, pas de poursuite d’étude envisagée : l’objectif est de favoriser l’insertion de l’alternant dans le monde du travail. Il sera donc davantage présent dans l’entreprise, et ne passera que 25 % maximum de son temps à l’école. La répartition se fait généralement sur la base d’une semaine de cours et de trois semaines de terrain.

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Comment rémunérer son alternant ?

À chaque formation son système de rémunération. Un point commun néanmoins : qu’il soit en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, l’alternant sera rémunéré selon son âge, son ancienneté dans l’entreprise, le tout correspondant à un pourcentage défini du SMIC.

La rémunération des apprentis et contrats pro

Les apprentis sont exonérés de charges : leur salaire net est donc égal au brut. Le calcul de leur rémunération se fait de la façon suivante :

Formation Moins de 18 ans 18 à 20 ans 21 ans et plus 
1re année 25 % SMIC  41 % SMIC  53 % SMIC 
2e année 37 % SMIC  49 % SMIC  61 % SMIC 
3e année 53 % SMIC  65 % SMIC  78 % SMIC 

Un apprenti handicapé verra sa formation rallongée d’un an. Il convient alors de rajouter 15 points au pourcentage appliqué en 3e année pour déterminer sa rémunération finale. Autre cas particulier : au-delà de 21 ans, si le salaire minimum conventionnel (SMC) est plus favorable à l’apprenti que le SMIC, le pourcentage de rémunération se basera sur le SMC.

Tout savoir sur la rémunération des apprentis

Plus présent dans la société et souvent plus âgé, l’élève en contrat de professionnalisation bénéficie d’une rémunération plus conséquente :

Formation 16 à 20 ans 21 à 25 ans
Sans qualification ou inférieur au bac pro 55 % du SMIC 70 % du SMIC
Avec bac pro ou diplôme équivalent 65 % du SMIC 80 % du SMIC

Quels dispositifs pour vous aider à embaucher ?

Dans le cadre de l’embauche d’un alternant, vous pouvez bénéficier de différents dispositifs d’aide :

  • aide régionale de 1 000 € à la première embauche d’un apprenti (pour les entreprises de moins de 250 salariés) ;
  • prime de 1 800 € par apprenti supplémentaire (pour les entreprises de plus de 50 salariés) ;
  • aide TPE jeunes apprentis de 1 100 € par trimestre, soit 4 400 € pour la première année (pour les entreprises de moins de 11 salariés) ;
  • aide Agefiph à l’embauche d’un apprenti handicapé, allant de 1 000 à 7 000 € selon la durée du contrat ;
  • crédit d’impôts et exonérations spécifiques (réduction Fillon par exemple) ;
  • aide de Pôle emploi de 200 € par mois si l’alternant était demandeur d’emploi…

Des droits et devoirs à respecter

L’étudiant

L’alternant bénéficie du même régime social et de prévoyance que les salariés de l’entreprise ainsi que des congés payés. Pour l’apprenti, 5 jours supplémentaires sont prévus pour la préparation des examens et, pour les moins de 21 ans, la possibilité de poser 30 jours s’ils en formulent la demande.

Comme tout salarié, l’apprenti ou contrat pro doit respecter les horaires de l’entreprise, y compris les heures supplémentaires (à condition d’être majeur). Il doit également se plier au règlement de l’entreprise et, en cas de manquement, peut faire l’objet de sanctions disciplinaires.

L’employeur

De son côté, le patron s’engage à désigner un maître d’apprentissage confirmé (MAC), obligatoire pour tout contrat d’apprentissage dans le BTP. Il peut s’agir du chef d’entreprise ou d’un salarié détenteur du titre de MAC, délivré par formation ou par validation de compétences. Le tutorat est facultatif pour les élèves en contrat de professionnalisation.

Comme pour tout contrat de travail, les deux parties bénéficient d’une période d’essai de 2 mois durant laquelle le contrat peut être résilié sans indemnité. Passé ce délai, une rupture conventionnelle peut être envisagée. La rupture du contrat d’apprentissage pour faute passera par un jugement du conseil des Prud’hommes. Le contrat pro répond quant à lui aux mêmes modalités de rupture qu’un CDD ou CDI classique.

L’intégration d’un alternant dans votre structure apporte de nombreux avantages humains, opérationnels, mais aussi financiers. Dans le secteur du BTP, et notamment celui de la plomberie et du chauffage, le contrat d’apprentissage reste la voie d’excellence pour la formation professionnelle. Selon la CAPEB, les apprentis sont formés à 84 % par les entreprises artisanales. Alors, pourquoi pas par la vôtre ?

Source image à la Une : Flickr Creative Commons – WorldSkills UK

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