Innovation

Quand compagnons du devoir et impression 3D font bon ménage

Impression 3D d'un robinet thermostatique

L’usage est souvent d’opposer tradition et modernité. Pourtant, la combinaison de ces deux types de notions peut être bien utile aux artisans du bâtiment. Désireux d’accompagner le changement, les Compagnons du Devoir ont adopté l’impression 3D pour la réalisation de leurs ouvrages.

De la tradition à l’innovation

Jusqu’à présent, les Compagnons du Devoir utilisaient leurs mains et des outils traditionnels pour créer leurs œuvres. Cependant, lors du salon professionnel des « Journées de la Construction », qui s’est tenu à Paris le 15 avril dernier, une imprimante 3D trônait sur leur stand. Soucieux de préserver leurs valeurs, ils ont pour autant compris l’intérêt de l’outil numérique : réaliser des prototypes de leurs réalisations, qui peuvent ainsi être aisément présentés aux donneurs d’ordre. « À côté des maquettes classiques, ces impressions 3D donnent une image valorisante, il y a un vrai intérêt commercial », explique alors Fabien Le Quellec, chargé de l’évolution de l’outil numérique chez les Compagnons du Devoir. Une solution qui a de l’avenir puisque qu’aujourd’hui des centaines d’apprentis sont déjà formés à l’utilisation d’une imprimante 3D.

Impression 3D : comment ça marche ?

L’impression 3D est un procédé qui permet de réaliser des objets en 3 dimensions. La fabrication s’effectue par l’accumulation de couches de matière. Le processus nécessite l’utilisation d’un logiciel de CAO (type Autocad), d’une imprimante 3D et du matériau approprié. Il existe aujourd’hui différentes machines capables d’imprimer en 3D et à grande échelle. Au vu de la rapidité à laquelle cette technologie évolue, l’impression 3D n’a pas fini d’apporter des solutions dans de nombreux secteurs industriels.

Que peut apporter l’impression 3D au secteur de la construction ?

L’intérêt de cette technologie réside dans la possibilité de réaliser des objets et des structures 3D, à géométries complexes et avec une qualité de finition de l’ordre du millimètre. Elle est fréquemment utilisée pour la fabrication de moules (panneaux de façade, poteaux, briques…), à l’aide de matériaux solides tels que différents plastiques (composites, polypropylène, alumide..), ciment ou métaux. L’autre avantage est économique. En effet, l’impression 3D simplifie le prototypage rapide, c’est-à-dire la fabrication d’un modèle physique (maquette, outillage) dans un délai très court et à moindre coût.
Technologie innovante dans la production traditionnelle, l’impression 3D pourrait bien révolutionner les métiers du bâtiment. En effet, des architectes et ingénieurs l’utilisent déjà pour fabriquer des structures complètes, à taille réelle. Ainsi, en mai dernier, Dubaï a présenté son premier bâtiment tertiaire, entièrement réalisé par impression 3D. D’une superficie de 250 m², il a été construit en seulement 17 jours, éléments intérieurs compris.

De nombreux acteurs de la construction s’intéressent à l’impression 3D. Ils envisagent déjà le fort potentiel que cette nouvelle technologie peut leur apporter sur le plan économique, mais aussi écologique. Ainsi, un récent rapport publié par la firme Markets & Markets, démontre que l’impression 3D à base de béton, permettrait de réduire de 30 à 60 % les déchets de construction.

L’impression 3D au quotidien…et demain ?

Aujourd’hui, l’installateur peut rapidement prototyper certains éléments (tuyaux, robinetterie…) nécessaires à la réalisation d’une maquette de construction. Il peut aussi mouler certains outillages, depuis son atelier. Demain, il pourra fabriquer, depuis le site de son client et à l’aide d’une imprimante 3D portable, les pièces manquantes à l’ouvrage. Comme pour les autres métiers du bâtiment, cette technologie lui permettra de réduire le temps et le coût d’un chantier ainsi que son empreinte sur l’environnement.

Les nombreuses possibilités de l’impression 3D sont à la mesure des avancées rapides qui lui sont apportées. S’il s’agit de l’une des innovations majeures de ces dernières années, le chemin vers la généralisation de l’usage de l’impression 3D dans le secteur du bâtiment est encore long, tant en terme de performances (temps d’impression encore très long et prix élevé de l’équipement notamment) que d’adoption par les plombiers-chauffagistes. Cette technologie pourra cependant être utilisée en soutien ou en parallèle du BIM (building information modelling).

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