Guide pratique Traitement de l’eau

#3 – Comment traiter l’eau de récupération ?

eau de récupération

Chaque Français utilise en moyenne 150 litres d’eau par jour. L’eau est consommée, cuisinée et utilisée principalement pour l’hygiène et le nettoyage. Recourir à l’eau du robinet n’est pas indispensable, tout dépend de l’usage. L’eau de récupération peut représenter une alternative intéressante : elle permet de baisser sa consommation d’eau potable et de faire des économies. Avant de récolter et d’exploiter l’eau de pluie, il est préférable de connaître la réglementation associée à son utilisation ainsi que les solutions de traitement. Décryptage.

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La réglementation sur l’utilisation de l’eau de récupération

L’eau de pluie, ressource et solution précieuse

L’usage de l’eau de récupération s’est surtout développé dans les régions du monde confrontées à des situations de fort stress hydrique. Dans certains pays, la demande en eau dépasse régulièrement la quantité d’eau disponible, menant à des situations de pénurie qui ont un impact important sur la qualité de vie et le fonctionnement de l’économie. La récupération de l’eau de pluie s’impose ainsi comme une solution, au même titre que le recyclage des eaux usées ou la désalinisation de l’eau de mer.

Plus récemment, les effets du changement climatique ont conduit les pays occidentaux à s’intéresser eux aussi à la récupération de l’eau de pluie, afin d’optimiser la précieuse ressource et de réduire la pression sur le réseau d’eau potable.

L’usage réglementé de l’eau de récupération

En France, c’est l’article 641 du Code civil qui réglemente la gestion des eaux de pluie et qui autorise tout propriétaire à « disposer des eaux pluviales qui tombent sur son fonds ». La loi oblige toute personne souhaitant récupérer les eaux de pluie à déclarer les caractéristiques de son système de récupération auprès de la mairie de sa commune.

L’eau de pluie ne peut pas être employée pour n’importe quel usage. Elle est ainsi limitée à l’arrosage, au lavage des sols, des véhicules, à l’alimentation des sanitaires et du lave-linge. Tout raccordement du réseau de récupération d’eau aux canalisations de consommation d’eau est interdit. Il est indispensable de mentionner « eau non potable » sur le récipient de récupération pour que le risque à la consommation soit clairement indiqué. Des agents du service des eaux peuvent d’ailleurs se déplacer pour venir vérifier la qualité de l’eau.

Enfin, en cas de trop plein, l’usager doit anticiper un système d’évacuation de l’eau excédentaire. À noter que l’eau récupérée et utilisée à l’intérieur du bâtiment, puis renvoyée vers les égouts, est sujette à la taxe d’assainissement.

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Les solutions pour traiter l’eau de récupération

Plusieurs technologies permettent d’assainir l’eau de pluie pour la rendre consommable, voire potable :

  • L’ozonation, qui est un traitement chimique par oxydation fonctionnant comme un désinfectant très puissant pour supprimer les bactéries, virus et autres coliformes de l’eau. Complexe et coûteuse, cette solution n’est en revanche pas vraiment adaptée à une utilisation chez le particulier.
  • L’ajout de chlore, qui nettoie l’eau de tous ses micro-organismes pour la rendre potable. C’est la technique la plus utilisée dans les principaux réseaux de distribution d’eau potable. Mais le particulier risque d’être gêné par une odeur de chlore, d’autant que l’eau ainsi traitée n’est pas recommandée pour l’arrosage notamment. À ces inconvénients s’ajoutent le coût plutôt élevé de l’entretien et la nécessité de bien maîtriser le réglage d’une pompe doseuse.
  • La microfiltration, qui est une technologie parfaitement adaptée pour le traitement des bactéries se trouvant dans l’eau de récupération. Elle est assez peu répandue, en raison du coût des consommables. Cette solution nécessite par ailleurs la mise en place d’une installation très importante pour assurer des débits confortables.
  • La désinfection par ultraviolets, qui semble la solution la plus économique et la plus utilisée, car elle permet de supprimer 99,9 % des bactéries par le rayonnement d’une ou plusieurs lampes UVC basse pression.

Quel que soit le type de traitement choisi, il est impératif d’installer un préfiltre – avec grille de sécurité – en amont de l’installation, ainsi qu’un système de filtration mécanique en sortie. Cela évitera le passage de poussières, feuilles et autres dépôts dans l’eau.

La récupération de l’eau de pluie par les usagers permet de faire des économies et de préserver la ressource en eau. De plus, le dispositif étant soutenu par le gouvernement, son installation bénéficie d’un taux de TVA réduit à 10 %. Un investissement intéressant sur les plans écologique et financier !

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Source de l’image à la Une : Flickr (CIAT)

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