Qualité de l’eau

#4 – Existe-t-il une alternative à l’adoucisseur d’eau ?

alternative-adoucisseur

En raison de la présence plus ou moins importante de calcaire dans l’eau selon les régions, les usagers peuvent être gênés par l’entartrage de leurs canalisations et de leurs équipements ménagers. La pose d’un adoucisseur est alors la bienvenue, ce dispositif permettant de réduire la dureté de l’eau. L’adoucissement de l’eau nécessite toutefois quelques points de vigilance : investissement initial qui peut être significatif, stockage et manutention du sel, gaspillage et eau peu propice à la consommation si l’adoucisseur n’est pas réglé dans les règles de l’art… Ces nombreux éléments doivent être pris en compte avant l’installation et la mise en service de l’appareil.  Parallèlement, on constate l’essor de solutions alternatives sur le marché. Le point sur ces solutions de remplacement.

test-filtre

Les solutions antitartre physiques

Les filtres antitartre physiques – électroniques ou magnétiques – traitent le tartre sans modification chimique de la composition de l’eau. Plutôt que de s’incruster dans les équipements sanitaires et les appareils électroménagers, le tartre reste en suspension dans le flux d’eau. Des traces blanches peuvent encore se manifester, mais elles s’enlèvent facilement. Le tartre est donc neutralisé sans pour autant enlever le calcaire, source de calcium et de magnésium essentiels pour la santé.

Ces solutions, qui s’installent sur l’arrivée d’eau d’une habitation, concernent aussi bien l’eau chaude que l’eau froide, consomment peu d’électricité et ne nécessitent pas de mise en service ou d’entretien particuliers. Elles sont cependant moins efficaces lorsque la dureté de l’eau est importante (> 45 °fH).

L’antitartre physique n’entraîne aucune augmentation de la consommation d’eau. Autre avantage économique, l’investissement est bien moins important que pour un adoucisseur. Des avantages non négligeables, faisant de l’antitartre physique une alternative intéressante à l’adoucisseur d’eau.

La solution antitartre chimique par polyphosphates

Les filtres antitartre chimiques contiennent des sels de polyphosphates qui se diluent et se mêlent au calcium et au magnésium – les deux substances à l’origine du tartre – et qui les empêchent de se fixer dans les canalisations et les installations sanitaires.

Cette solution, qui ne nécessite pas de mise en service particulière et qui prend peu de place, est optimale au point d’utilisation d’une machine à laver, par exemple. Par contre, pour que l’eau soit considérée comme potable, la concentration en polyphosphates ne doit pas dépasser 5 mg/L. L’eau ne doit donc pas rester trop longtemps en contact avec les cristaux de polyphosphates dans le filtre, ce qui peut être le cas si l’installation n’est pas utilisée pendant quelques jours. Point négatif, les rejets de polyphosphates sont polluants pour l’environnement.

osmose inverse

Les membranes à osmose inverse

Développée initialement par la Nasa pour alimenter en eau ses astronautes, la filtration par osmose inverse consiste à inverser les propriétés chimiques de deux solutions grâce à des filtres et à une membrane intermédiaire. Le dispositif permet de retenir les polluants de l’eau : les filtres retiennent le mauvais goût, les mauvaises odeurs et les particules solides, quant à la membrane, elle se charge du chlore, des pesticides, des nitrates, et enfin du calcium et du magnésium, responsables de la dureté de l’eau.

Si cette solution semble particulièrement efficace pour purifier l’eau, son utilisation comporte des risques à prendre en compte. En effet, si l’eau osmosée est débarrassée de tous ses polluants, elle l’est également de tous ses minéraux, indispensables pour être en bonne santé. On obtient ainsi une eau distillée qui n’est donc plus recommandée à la boisson à une fréquence quotidienne. Pour la rendre potable, il est nécessaire de la reminéraliser, en injectant une solution de calcium, de magnésium et d’oligo-éléments. Ce procédé peut donc s’avérer assez fastidieux pour les particuliers.

Un filtre à osmose inverse s’installe sur un seul point d’utilisation d’eau froide et nécessite la mise en place d’une pompe. L’investissement initial en matériel est important et le gaspillage en eau est élevé car pour un litre obtenu d’eau osmosée, ce sont jusqu’à 4 à 5 litres qui sont rejetés.

 

solutions multifonctions

Les solutions multifonctions combinant antitartre, filtration et désinfection

Il existe enfin des centrales de traitement de l’eau – pour les particuliers – qui regroupent un ensemble de technologies pour traiter à la fois la dureté et la qualité de l’eau, sans utilisation de produit chimique. Le filtre neutralise le calcaire en supprimant son pouvoir incrustant et l’eau conserve ses propriétés minérales d’origine. C’est ce qui fait de la centrale de traitement de l’eau la meilleure option pour une consommation de type boisson. Ce dispositif peut même détecter des fuites dans le réseau et effectuer un contrôle de la consommation de l’eau de l’installation.

Cependant, ces centrales multifonctions ont pour objectif l’amélioration de la qualité de l’eau dans son ensemble. Il y a donc un équilibre à trouver dans le traitement des différentes problématiques : tartre, goût, substances polluantes, etc. Si son objectif est surtout l’élimination du tartre, en raison d’une forte dureté de l’eau (> 45 °fH), un adoucisseur restera l’équipement le plus adapté, car c’est là sa fonction principale.

Il existe donc plusieurs alternatives à l’adoucisseur. Mais attention à bien choisir la solution selon l’usage qui sera fait de l’eau et les problématiques rencontrées.

Découvrez les autres articles de notre dossier spécial traitement de l'eau

De l’importance du traitement de l’eau résidentielle
↣ Pourquoi installer un adoucisseur d’eau ?
↣ Comment traiter l’eau de récupération ?

Source de l’image à la Une : Fotolia (ronstik)

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