Guide pratique Traitement de l’eau

ABC de l’eau

composition de l'eau coexpert

La composition de l’eau peut fortement impacter la performance d’un réseau sanitaire ou de chauffage – et donc le confort de vos clients et prospects. C’est pourquoi CoExpert vous propose cet ABC de l’eau. Vous y trouverez les bases théoriques et pratiques pour vous accompagner dans vos actions de conseil et de sensibilisation.

La composition de l’eau

L’eau contient des sels minéraux, des gaz dissous, des matières en suspension ou encore des produits organiques dissous.

  • Parmi les sels minéraux (ou sels dissous) contenus dans l’eau, on distingue le calcium, le magnésium et les sels de sulfate qui génèrent de l’entartrage et autres dépôts. On trouve également du chlorure de sodium, du potassium et des bicarbonates en grande quantité, mais peu gênants. En concentration plus faible, l’eau est aussi composée de métaux dissous (fer, zinc, cuivre…).
  • Parmi les gaz dissous, on distingue l’oxygène (O2) et le gaz carbonique (CO2) – à l’origine de la corrosion des réseaux. On trouve également de l’azote en faible quantité et d’autres gaz comme du méthane, selon la zone géographique.
  • Parmi les matières organiques, on peut relever des résidus d’hydrocarbures, des pesticides, des déchets végétaux en suspension…

 ◇ De l’importance du traitement de l’eau résidentielle ◇

Nota bene
La composition de l’eau varie selon la zone géographique. Elle diffère également selon s’il s’agit d’eau de surface, d’eau souterraine, d’eau de pluie… Un exemple : de l’eau de montagne en provenance directe des Alpes pourra contenir de l’arsenic, alors que les eaux souterraines pourront être plus riches en fer et manganèse. Enfin, les eaux de surface proches d’une centrale thermique ou d’une raffinerie pourront contenir des produits soufrés.

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L’eau dans les réseaux sanitaires et de chauffage

L’entartrage, la corrosion et la prolifération bactérienne sont les principaux ennemis des réseaux sanitaires et de chauffage.

  • L’entartrage se manifeste par l’accumulation de tartre qui adhère aux tuyauteries et à la robinetterie. À l’origine de ce dépôt : la présence de calcium et de magnésium. Les réseaux d’eau chaude sanitaire sont les plus touchés. Les dépôts de tartre provoquent une baisse de transfert de chaleur, une augmentation des pertes de charge dans les circuits, voire l’obstruction des canalisations. Les appareils de chauffage deviennent alors moins performants et le confort s’en ressent de même que la consommation énergétique. Également, de la corrosion peut se créer sous les dépôts, risquant de provoquer de la perforation et par conséquent des fuites.
  • La corrosion se caractérise par la dissolution du métal d’une canalisation. Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine de la corrosion. Dans un réseau de chauffage correctement configuré, le risque majeur est lié à la présence d’oxygène dans l’eau, puis vient l’acidité de l’eau. Tous les réseaux sont susceptibles d’être corrodés. Conséquence : les parties métalliques des canalisations risquent de se percer.
  • Par prolifération bactérienne, on désigne surtout le risque de développement de la légionelle dans le réseau sanitaire. Les réseaux de chauffage à basse température peuvent également favoriser la prolifération bactérienne. Celle-ci peut entraîner la formation de boue et la corrosion bactérienne. Pour les réseaux sanitaires, les bactéries peuvent donner un mauvais goût à l’eau et provoquer des maladies.

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Prévention, curation : que signifient les analyses de l’eau ?

Différentes analyses peuvent être menées avant d’intervenir sur un réseau sanitaire ou de chauffage. Une bonne compréhension des résultats permettra d’adapter son intervention.

  • Le pH : le potentiel hydrogène détermine la basicité ou l’acidité de l’eau, selon une échelle comprise entre 0 et 14. L’eau est à peu près neutre avec un pH proche de 7 (les différentes espèces présentes dans l’eau vont modifier son pH). Dans un réseau de chauffage, le pH de l’eau, mesuré à 25 °C, doit être basique pour éviter la corrosion, c’est-à-dire compris entre 8,5 et 10. Dans un réseau sanitaire, l’eau est distribuée à pH d’environ 7,5.
  • Le TH : le titre hydrotimétrique indique la dureté de l’eau, c’est-à-dire la quantité de calcium et de magnésium qu’elle contient. Idéalement, pour l’intégrité des réseaux, le TH de l’eau doit être de l’ordre de 15 °f (degrés français). Dans ce cadre, 1 °f correspond à 10 mg de tartre par litre d’eau. Une eau est jugée très calcaire au-delà de 30 °f. La dureté de l’eau ne pose pas de problème au niveau de la consommation, mais peut mener à l’entartrage des installations. L’installation d’un adoucisseur d’eau peut alors être envisagée.
  • Le TAC : le titre alcalimétrique complet représente la réserve d’alcalinité. Le TAC d’une eau naturelle correspond à la présence de bicarbonate (CO2 dissout ou les bulles dans l’eau gazeuse) dans l’eau. Le TAC doit être de l’ordre de 30 °f maximum.
  • Le TA : le titre alcalimétrique correspond à la réserve d’alcalinité de l’eau. Par défaut, le TA d’une eau naturelle est de 0. Ainsi, on ne trouvera du TA que dans une eau traitée pour un réseau de chauffage par exemple. Cela permet de maintenir son pH basique et d’éviter la corrosion.
  • La conductivité de l’eau représente la quantité de sels minéraux qu’elle contient. Plus la conductivité est élevée, plus la présence de sels dissous est conséquente et plus le risque de dépôt est important. La valeur maximum pour un réseau de chauffage est de 3 000 ppm soit 3 000 mg/L d’eau.
  • Le taux de fer doit être stable dans une installation de chauffage. Un taux de fer instable indique la présence de corrosion.

Bien comprendre la composition de l’eau des réseaux de vos clients vous permettra de mieux identifier les éventuels problèmes, ainsi que les solutions à mettre en place. À la clé, une installation optimisée et des risques limités pour la santé.

Source image à la Une : Pixabay – BeccaH

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