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[Interview] Francis Hourant – « WorldSkills a évolué avec les métiers »

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Directeur de WorldSkills Belgium, Francis Hourant nous présente la compétition et le rapport qu’entretient la Belgique avec les métiers manuels, en particulier ceux de la plomberie et du chauffage. Rencontre.

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WorldSkills va fêter cette année ses 67 ans. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur l’histoire de cette compétition et sur WorldSkills Belgium ?
L’histoire commence en 1950, entre l’Espagne et le Portugal, puis d’autres pays européens l’ont rejointe, puis la Corée du Sud, et d’autres encore… L’organisation s’est structurée professionnellement depuis 2005. L’idée principale ? Changer le monde par la force des compétences. Le mot « skills » a en effet une double signification : c’est à la fois les compétences et les métiers. Cela résume bien l’état d’esprit de WorldSkills !

En Belgique, nous avons été présents de 1955 à 1973, puis depuis 1998. Nous présentons des compétiteurs dans les 6 domaines d’activité :

  • la construction (ébénisterie, sani-chauffage, maçonnerie, installations électriques…) ;
  • l’industrie (soudage, contrôle industriel, maintenance, fraisage CNC…) ;
  • le transport et la logistique (techniciens automobiles, chauffeurs poids lourds…) ;
  • les services (cuisine, service en salle…) ;
  • les arts et la mode (stylisme, coiffure…) ;
  • la communication et l’information (gestion des réseaux IT, infographie…)…

Nous nous sommes approprié cette citation de Nelson Mandela : « Je ne perds jamais : soit je gagne, soit j’apprends. » C’est le parfait résumé de notre vision de WorldSkills.

worldskills

Vous êtes directeur de WorldSkills Belgium. Comment concevez-vous votre mission, quels sont vos objectifs professionnels ?
Notre mission première est de faire de la promotion des métiers et des filières, que ce soit l’enseignement classique ou l’alternance, ou encore les formations qualifiantes pour les demandeurs d’emplois. Notre rôle, c’est de montrer que l’on peut y arriver par différentes voies. Nous devons aussi montrer les opportunités offertes par ces métiers, démontrer leur valeur aux yeux de tous. Lorsque l’on travaille dans la plomberie ou le chauffage, on a des savoir-faire uniques, des connaissances que beaucoup n’ont pas, des réflexes qui sont totalement étrangers aux personnes des autres secteurs. Souvent, même les parents ne savent pas ce qu’est concrètement le métier de leur fils ou de leur fille, alors qu’il mobilise des compétences non-négligeables ! Lors de WorldSkills, les compétiteurs défilent sous le drapeau de la Belgique, devant la famille, les amis… C’est une fierté incroyable pour tous, et souvent une prise de conscience de la technicité et de la valeur de leur métier.

Comment se positionne la Belgique dans le bâtiment et les travaux publics, la plomberie et le chauffage, durant cette compétition ?
Nous avons des compétiteurs dans chacune de ces catégories, principalement issus de la Belgique francophone et germanophone – la Flandre étant un peu en retrait par rapport à la Wallonie et Bruxelles. Ils font preuve, à chaque édition, d’une belle motivation !

Plombier

En près de 70 ans, le monde du travail a beaucoup évolué. Comment la compétition a-t-elle accompagné ses changements ? À quels défis a-t-elle dû faire face ?
En effet, le monde du travail a énormément évolué. L’automatisation a d’abord changé les façons dont les professionnels travaillent, s’organisent, s’équipent. Des métiers ont disparu, d’autres sont apparus. Les compétences demandées ont changé.

Avec le numérique, le mouvement s’est amplifié. On ne demande pas la même chose à un professionnel de la plomberie ou du chauffage aujourd’hui qu’au milieu des années 1980, encore moins lorsque l’on songe à l’importance prise par la thématique de l’efficacité énergétique !

La compétition WorldSkills s’est adaptée à cela. Elle a accompagné ces évolutions, tant dans les épreuves (compétences demandées, matériel utilisé…) que dans la communication sur l’événement ou le message véhiculé. L’idée, c’est de montrer que ces métiers sont bien dans leur époque, qu’ils tirent parti des dernières possibilités offertes par la technologie.

Comment voyez-vous votre rôle ? Qu’apportez-vous aux compétiteurs de plus que les autres ?
Nous travaillons aussi sur les soft skills, pour les jeunes que nous suivons. Nous leur donnons des formations, sur la gestion du stress, la prise de parole en public, nous étudions le profil des jeunes qui participent à la compétition… Nous voulons en effet proposer un accompagnement global, pour donner un véritable « plus » aux professionnels. Et ça fonctionne : de nombreux jeunes ont été embauchés grâce à leur participation à WorldSkills, dans tous les secteurs. Pour les employeurs, c’est une preuve de sérieux, de motivation et la promesse de compétences intéressantes en plus d’un état d’esprit très positif !

Merci Francis Hourant !

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