Efficacité énergétique

Le b.a.-ba de l’efficacité énergétique dans le bâtiment

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Absorbant 40 % de la production totale d’énergie, le secteur du bâtiment est le premier consommateur d’énergie au sein de l’Union européenne, devant les transports ou l’industrie. De nombreuses mesures ont été mises en place au niveau européen et national pour diminuer la consommation d’énergie des installations du bâtiment tout en conservant un bon niveau de confort. Il s’agit aujourd’hui d’être capable de « faire mieux avec moins ». Une évolution qui ouvre de nouvelles opportunités pour les installateurs !

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Comment améliorer l’efficacité énergétique d’un bâtiment ?

Les solutions permettant d’optimiser l’efficacité énergétique d’un bâtiment sont de plusieurs types :

  • Les solutions dites passives » dont l’objectif est de diminuer la consommation d’énergie des équipements et des matériaux. Elles concernent essentiellement l’architecture et l’équipement du bâti, pour lequel l’efficacité consiste d’abord à ne pas subir les variations extérieures de façon exagérée (déperditions ou apports thermiques).
    Ainsi il est important de prendre en compte un certain nombre de paramètres avant de construire un bâtiment comme par exemple, son orientation, qui détermine son exposition à l’énergie solaire, son isolation thermique, son étanchéité et son système de ventilation.
    On peut aussi agir sur les équipements du bâtiment, tels que le chauffage, par l’installation de systèmes plus performants comme les chaudières à condensation et basse température, les systèmes de chauffage à base d’énergie renouvelable ou les chaudières à cogénération, qui ont l’avantage de produire à la fois de l’énergie électrique et thermique. Les émetteurs de chaleur seront eux aussi optimisés, en assurant qu’ils sont compatibles et dimensionnés pour la basse température. En complément, on pourra procéder au remplacement des robinets manuels par des robinets thermostatiques, une opération simple qui permet une économie d’énergie pouvant atteindre 28 %*.
  • Les solutions dites « actives » qui cherchent à optimiser les flux et les ressources. Elles se présentent sous la forme de systèmes technologiques « intelligents » qui mesurent, contrôlent et régulent les échanges d’énergie pour éviter les consommations inutiles. Il peut s’agir par exemple de systèmes de régulation et de gestion allant du simple thermostat d’ambiance – éventuellement programmable – dans l’individuel, à des systèmes complexes de gestion technique du bâtiment (GTB), complété d’un affichage en temps réel des consommations, d’un système de comptage / mesure des consommations…

*Technical University of Dresden, Institute of Power Engineering, Chair of Building Energy System and Heat Supply

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Quelle est la réglementation en vigueur ?

Au sein de l’Union européenne, 2 directives majeures conduisent les évolutions en matière d’efficacité énergétique :

  • La directive 2010/31/EU sur la performance énergétique des bâtiments, qui fixe un cadre commun de mesures ayant pour objectif d’accroître de 20 % l’efficacité énergétique des bâtiments d’ici à 2020 pour obtenir à cette date des bâtiments dits « passifs » ou encore « à énergie positive ».
  • La directive 2012/27/UE sur l’efficacité énergétique, qui établit les performances associées aux consommations des composants ou systèmes – avec ou non un étiquetage énergétique associé. C’est le cas des pompes, par exemple, qui doivent aujourd’hui être classées A pour être autorisées sur le marché.

En France la Réglementation Thermique 2012 (RT 2012) est entrée en vigueur le 1er janvier 2013 avec l’objectif de répondre à la directive 2010/31/EU, ainsi qu’aux objectifs fixés par le Grenelle de l’Environnement. Elle est applicable à tous les nouveaux bâtiments : résidentiels, publics et tertiaires.

La RT 2012 impose les principes suivants :

  • Une obligation de consommation d’énergie primaire maximale (Cep Max) inférieure ou égale à 50 kWh/m²/an, à adapter en fonction de la localisation géographique, l’altitude, la surface moyenne, le type d’usage du bâtiment et les émissions de gaz à effet de serre des énergies utilisées. Cette valeur de Cep prend en compte 5 usages : le chauffage, la production d’eau chaude sanitaire, le refroidissement, l’éclairage et les auxiliaires (ventilateurs, pompes).
  • La création d’un indicateur « Bbiomax », à fournir au moment du dépôt du permis de construire, qui définit une limitation du besoin en énergie pour le chauffage, le refroidissement et l’éclairage. Il caractérise l’efficacité énergétique du bâtiment.
  • Une température intérieure de référence (Ticréf), fixée à 26 °C, à ne pas dépasser pour garantir le confort d’été.

La RT 2012 permet à la France d’aller dans la direction des bâtiments à énergie positive (BEPOS), qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment pour leur fonctionnement, dont l’application réglementaire à terme sera la RT 2020.

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Quels enjeux pour les installateurs ?

Afin de répondre aux objectifs de réduction des consommations d’énergie, les réglementations thermiques européennes et nationales sont devenues de plus en plus exigeantes. Il est devenu primordial de construire des logements efficaces énergétiquement et de rénover les bâtiments anciens qui ne répondent plus aux nouvelles normes.

Ces changements ont impulsé un dynamisme au sein des métiers du bâtiment puisque de nouveaux savoir-faire sont apparus. Pour l’installateur, il devient important de :

  • bien maîtriser l’utilisation de nouveaux matériaux et dispositifs, plus économes en énergie,
  • savoir conseiller ses clients sur les évolutions réglementaires (RT 2012, et bientôt la RT 2020, la loi sur la transition énergétique pour une croissance verte…)
  • être force de proposition sur les meilleures solutions énergétiques (conception d’installations vertueuses, intégration des objets connectés …).

De véritables opportunités d’emplois et de marchés sur le long terme sont également à saisir pour toutes les filières impliquées dans la construction, notamment pour les métiers de plombier-chauffagiste.

Pour ceux qui souhaiteraient obtenir un diplôme, des formations sont accessibles, quel que soit le statut ou le niveau d’études. Après 3 ans d’exercice dans les métiers de l’efficacité énergétique, il est possible d’obtenir un diplôme ou un titre professionnel en validant les acquis de son expérience (VAE). Il est même possible d’obtenir des qualifications spécifiques. La mention RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) atteste du savoir-faire d’un artisan ou d’une entreprise du bâtiment en matière de travaux d’efficacité énergétique en rénovation ou d’installation d’équipements utilisant des énergies renouvelables. À noter que depuis 2014, il est indispensable de faire appel à des prestataires labellisés RGE pour obtenir des aides de l’État pour de tels travaux – c’est ce qu’on appelle l’éco-conditionnalité.

Face à la prise de conscience collective de l’importance de réduire la consommation énergétique, les gouvernements ont mis en place des politiques publiques contraignantes visant à optimiser l’efficacité énergétique des bâtiments. Si ces mesures impactent fortement le secteur de la construction, elles sont avant tout une opportunité d’emploi et de montée en compétences pour les installateurs souhaitant profiter de cette nouvelle dynamique.

Source de l’image à la Une : Publicdomainpictures (Karen Arnold)
Source des pictogrammes : The Noun project