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Dimensionnement : les erreurs à éviter absolument

Dimensionnement : les erreurs à éviter absolument

Avec l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments, tant au niveau de la qualité du bâti que du remplacement des anciens systèmes (chauffage, ventilation, éclairage…), les installations deviennent plus sensibles aux approximations, qui restaient invisibles précédemment. Les erreurs anciennement « acceptables » de dimensionnement ne le sont plus car elles impactent davantage les bâtiments.

Des installations moins consommatrices d’énergie, mais plus sensibles au dimensionnement

La modernisation des équipements de chauffage permet aujourd’hui d’adapter la quantité d’énergie distribuée en fonction des parties du bâtiment et du moment de la journée. Cette régulation millimétrée facilite la réduction de la quantité d’énergie globale consommée et améliore le confort des usagers.

Or, si la consommation énergétique tend elle aussi à se réduire, chaque erreur en termes de dimensionnement se répercute plus fortement sur la consommation. Par exemple, si avant on avait l’habitude de régler une vanne au tour près, on exige désormais une précision au quart de tour près pour éviter un trop fort impact énergétique.

Aujourd’hui, la réglementation thermique impose une consommation maximum de 50 kWH/m2/an pour une construction neuve (valeur pondérée suivant la région). Or, dans l’existant, on trouve couramment des consommations de 150 ou 200 kWH/m2/an, voire plus. Les objectifs ont été considérablement réduits, ce qui donne toujours plus d’impact à la moindre erreur. Ils ne peuvent être tenus que si le dimensionnement et les réglages initiaux sont précis. Le rôle de l’installateur devient alors primordial : il peut déterminer la meilleure conception de l’installation en fonction du cahier des charges et devient un véritable conseiller pour son client.

Des erreurs fréquentes en termes de dimensionnement

  • Le surdimensionnement des pompes. Le mauvais dimensionnement d’une pompe a une influence sur la pérennité de la machine et sur la facture énergétique. Surdimensionnée, elle est sujette à des risques d’usure prématurée, à un inconfort et à une surconsommation énergétique préjudiciables pour l’utilisateur. À noter que les pompes à débit variable, pour être « automatiques », n’en sont pas moins universelles : elles doivent être choisies avec le même soin en fonction des caractéristiques de l’installation.
  • Un générateur de chaleur avec une puissance trop élevée. La puissance du générateur de chaleur est parfois accrue pour « sécuriser » le fonctionnement. Or, ce type de raisonnement peut tout simplement conduire à faire fonctionner la chaudière hors de ses limites, ce qui engendre aussi surconsommation, inconfort et usure prématurée.
  • Poser des radiateurs de la largeur des fenêtres. Il s’agit d’étudier les besoins en chauffage, pas les dimensions des ouvertures ! Souvent utilisée par le passé, cette pratique doit être proscrite. Un surdimensionnement des émetteurs aboutit invariablement à des désordres hydrauliques.
  • Ne pas régler la température des générateurs ou « mettre un peu plus au cas où… ». Il n’est pas optimal de se reposer uniquement sur les organes de robinetterie pour compenser les températures excessives d’eau.
  • Oublier ou négliger le réglage des vannes d’équilibrage. Il faut systématiquement régler les vannes d’équilibrage après calcul plutôt que de toutes les laisser grandes ouvertes.

Des solutions simples pour garantir le bon dimensionnement d’une installation

Exploiter les données hydrauliques

La détermination des données hydrauliques s’effectue en amont de l’installation d’un dispositif de chauffage. Plusieurs calculs doivent être effectués afin d’évaluer les déperditions de chaleur du bâtiment, d’estimer la puissance à installer auprès du générateur de chaleur et enfin de déterminer les débits hydrauliques du chauffage. Ensuite, l’équilibrage vient parfaire les réglages. En effectuant ces opérations, l’installateur prémunit l’utilisateur contre les risques d’inconfort, de surconsommation et de dérive.

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Équilibrer le réseau

L’équilibrage permet de compenser la répartition inégale des débits hydrauliques due à l’architecture des bâtiments et ses conséquences sur les réseaux. Il est nécessaire de régler systématiquement les vannes d’équilibrage (même les vannes d’équilibrage automatique) après le calcul des débits hydrauliques, plutôt que de les laisser toutes grandes ouvertes et donc d’occasionner une surconsommation énergétique.

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Si les dispositifs de chauffage récents consomment de moins en moins d’énergie, il est important pour l’installateur de conseiller son client et de lui montrer les conséquences d’un mauvais dimensionnement des installations. Une occasion de lui proposer ses services pour améliorer son confort et l’aider à réduire sa consommation énergétique !

Source de l’image à la Une : Pixabay (Unsplash)