Innovation Raccordement et distribution

Le b.a.-ba du sertissage

sertissage-comap

Le sertissage est une technique de raccordement qui consiste à déformer la matière pour assurer l’assemblage de deux pièces. Très utilisée pour des installations sanitaires et de chauffage en multicouche et PER, elle présente aussi un grand intérêt pour les réseaux en cuivre ou en acier. Plus rapide que la brasure ou la soudure, le sertissage est une méthode sûre et facile à maîtriser, qui ne nécessite pas de permis feu.

À lire sur la même thématique :

Les outils pour sertir

Il existe deux types d’outils de sertissage : les outils manuels et les outils électriques. Pour un professionnel, il est évidemment recommandé d’utiliser de l’outillage électrique. En effet, la pince à sertir électrique (avec batterie ou sur prise secteur) permet une rapidité et une standardisation de l’opération qui garantit un sertissage parfait. Cette machine s’accompagne de mâchoires et d’inserts de différents types afin de s’adapter au diamètre du tube à raccorder et aux raccords. Trois types de mâchoires existent.

La mâchoire mère avec inserts

MACHOIRE-MEREmachoire mere inserts

Très pratiques sur une mâchoire mère, les inserts permettent de modifier le matériau ou le diamètre du tube sans avoir à changer l’intégralité de la mâchoire. Une façon de simplifier le travail et de gagner du temps ! Il devient ainsi très facile de travailler indifféremment sur de l’acier, du cuivre, du multicouche ou du PER, et sur tout type de réseau. En termes de dimension, les inserts correspondent à des tubes allant de 12 mm jusqu’à 28 mm pour les tubes métalliques et 32 mm pour le multicouche.

La mâchoire monobloc

MACHOIRE-MONOAvec cette solution, il existe une mâchoire pour chaque diamètre et profil de sertissage. Elle est simple à utiliser car ne nécessitant pas de gestion d’inserts. Toutefois, elle représente un surcoût pour l’installateur qui devra acheter et stocker les différentes mâchoires pour pouvoir assurer chaque diamètre (de 12 à 63 mm) et profil de sertissage.

 

adaptateur-chaineL’adaptateur avec chaînes

Cette solution est utilisée pour les gros diamètres de tube, de plus de 40 mm. À noter : les solutions et diamètres peuvent varier selon les fournisseurs.

Les différentes étapes du sertissage

Voici toutes les manipulations que l’installateur doit réaliser pour assurer un bon sertissage :

Couper

Afin de couper les tubes à la longueur souhaitée et selon le matériau (multicouche, PER, métal…), l’installateur peut utiliser un coupe-tube, une scie à denture fine ou une scie mécanique. Attention, pour les tubes métalliques, il faut veiller à couper complètement le tube pour prévenir le risque de corrosion.

Préparer le tube

Après avoir été coupées, les extrémités des tubes doivent être soigneusement ébavurées ou limées, à l’intérieur et à l’extérieur, afin d’enlever les résidus inutiles. Cette étape est importante et évite d’endommager le joint torique lors de l’insertion du tube dans le raccord à sertir. Ébavurer l’intérieur des tubes empêche également les piqûres et la corrosion des tubes métalliques. L’ébavurage intérieur et extérieur peut être effectué avec un ébavureur manuel adapté au matériau ou un ébavureur électrique pour tube.

Cas particulier du tube multicouche
Lors de la coupe du tube multicouche, il se peut que celui-ci se déforme légèrement, il doit donc être calibré pour retrouver une forme parfaitement circulaire. En plus de l’ébavurage, le tube multicouche doit aussi être chanfreiné, c’est-à-dire qu’il faut effectuer une petite coupe en biseau sur l’arête vive, afin d’éviter d’endommager le joint à l’intérieur du raccord. C’est pourquoi il est recommandé d’utiliser un outil de calibrage permettant ébavurer et de chanfreiner les bords en même temps.

Marquer le tube

Pour obtenir un sertissage fiable et de qualité, la profondeur d’insertion nécessaire doit être marquée sur le tube. Ce marquage permet d’identifier toute intervention sur le raccord avant le sertissage. Afin d’identifier tout mouvement avant ou après le sertissage, il est préférable que le marquage reste visible et soit proche du raccord.

Assembler le raccord sur le tube

Vient ensuite l’étape d’assemblage. Pour la réaliser, il suffit d’insérer le tube dans le raccord jusqu’à la profondeur d’insertion marquée, tout en le tournant et en le poussant légèrement dans le sens de la longueur. Lorsqu’il s’agit de raccord sans butée, le tube doit être enfoncé au moins jusqu’à la profondeur d’insertion marquée. Attention : une insertion brutale du tube dans le raccord peut endommager le joint torique.

Sertir le raccord

Avant d’assurer le sertissage, l’installateur doit contrôler l’absence d’impuretés sur les mâchoires, les inserts et les chaînes de sertissage. Il doit veiller aussi à ce que la mâchoire soit en parfait état de fonctionnement. L’utilisation de mâchoires et de chaînes de sertissage adaptées aux raccords utilisés est obligatoire. Il est important également de ne pas oublier de positionner correctement la mâchoire sur le raccord afin d’éviter de faire des erreurs. Enfin, une fois le sertissage entamé, il ne doit pas être interrompu. Pour s’assurer visuellement de la qualité du sertissage, certains fournisseurs proposent des solutions telles que l’installation d’une bague témoin qui change d’aspect après sertissage.

Les points de vigilance à garder à l’esprit
  • Veiller à utiliser la bonne dimension de mâchoire en fonction du diamètre et du profil du raccord.
  • Vérifier le bon état des mâchoires avant utilisation.
  • Contrôler la propreté de l’intérieur et de l’extérieur du tube.
  • Positionner correctement la machine à sertir sur le raccord.
  • Aller jusqu’à la fin de la manipulation une fois le sertissage lancé.

Le sertissage est une technique qu’un installateur doit savoir maîtriser pour pouvoir assurer un raccordement de façon rapide et simple. Réalisable sur tout type de matériau, il nécessite l’utilisation de matériel spécifique et une grande précision avant et pendant son exécution.